Daphné du Maurier se hisse au fur et à mesure en haut de mon palmarès d’auteurs et d’autrices préférés. Si j’avais récemment adoré L’Auberge de la Jamaïque et son recueil Les oiseaux et autres nouvelles, j’ai à nouveau été surprise avec son roman La Crique du Français. Dans cette histoire, pas d’atmosphère gothique ou de fantôme du passé, mais de l’aventure, des pirates et une quête de liberté. J’ai passé un excellent moment et j’ai été ravie de découvrir ce livre dont j’avais très peu entendu parler. C’est une vraie bouffée d’air frais, comme un îlot hors du temps : on découvre ce livre, on s’y attache, puis tout s’évapore en l’espace de quelques secondes. La Crique du Français est une histoire de douce mélancolie, une ode à la vie et aux instants de liberté.


Résumé de la quatrième de couverture : Fuyant les mondanités londoniennes, Dona St. Columb, une jeune lady à la beauté fière et au caractère rebelle, s’est réfugiée au bord de la Manche dans sa résidence de Narvon. Là, elle rencontre l’homme qui saura la séduire : un pirate français du nom de Pierre Blanc. Mais l’impitoyable Lord Rockingham, qui la poursuit de ses assiduités, n’entend pas céder à un pareil rival. La chasse au Français commence, et avec elle un crescendo d’épisodes dramatiques…


Une soif de liberté

              La Crique du Français raconte l’histoire de Dona, une lady plutôt rebelle que la vie a fait rentrer dans les rangs. Elle est l’épouse d’un homme important, mère de deux beaux enfants et vit dans un luxe que beaucoup pourraient lui envier. Si tout semble lui sourire, un vide est pourtant profondément ancré en elle : elle n’est pas celle qu’elle voudrait être. Cette vie est belle, mais ce n’est pas la sienne : elle n’est pas libre et ne l’a jamais vraiment été. C’est avec cette idée en tête qu’elle se retire de la capitale Londonienne pour se réfugier au bord de la Manche où elle fera la rencontre d’une bande de pirates avec une vision très tranchée sur la liberté.

Trop longtemps, elle avait joué un rôle indigne d’elle. N’avait-elle pas, cédant aux exigences de son entourage, consenti à être cette créature superficielle, ravissante, qui, rieuse, acceptait avec un haussement d’épaules, adulations et louanges, comme un tribut naturel à sa beauté, insouciante, insolente, volontaire, indifférente, tandis qu’une autre Dona, étrange, semblable à un fantôme, l’épiait du fond d’un sombre miroir, et avait honte ?

Sans grande surprise, j’ai été envoûtée par les mots de Daphné du Maurier dès les premières pages. La mélancolie de Dona et sa soif de liberté et d’indépendance, dans un monde où tout son entourage souhaite la remettre à sa place d’épouse et de mère, imprègnent chaque chapitre. Si je connaissais l’autrice pour ses atmosphères pesantes et étouffantes comme dans Rebecca, elle décrit ici une véritable parenthèse légère, savoureuse et pleine d’espoir.

De l’aventure et des pirates

Au premier abord, le résumé de la quatrième de couverture fait assez fleur bleue. Si les débuts du roman s’orientent dans cette direction, très vite la quête de liberté et d’indépendance de Dona prend le dessus. Le romantisme est un aspect important du livre, mais j’ai surtout préféré le côté aventure et découverte des pirates et de leur mode de vie. Le livre se concentre sur Dona, ses décisions et ses questionnements sur la définition du terme liberté et ses limites.

Je me demande, dit-il, à quel moment le monde s’est mis à aller de travers, à quel moment les hommes ont oublié comment vivre, aimer, être heureux ? 

Au départ, j’avoue avoir eu un peu de mal à m’attacher Dona. Dans les premières pages, elle paraît égoïste et sans émotion. Tout au long de l’histoire, on apprend à déconstruire cette impression qui pouvait être frappante au départ. Je suis entrée extrêmement facilement dans le livre et l’intrigue, bien qu’assez classique, est un vrai plaisir à suivre. La crique du Français est un roman plein d’aventures, une bouffée d’air frais qui rappelle à quel point la notion de liberté est essentielle et parfois occultée par d’autres priorités.

La découverte de soi

Si je devais résumer La crique du Français en quelques mots, je dirais qu’il s’agit avant tout d’une ode à la liberté et à la découverte de soi à travers les personnages de Dona et du Français. Au-delà d’une histoire romantique, il s’agit avant tout d’une vraie parenthèse d’évasion qui se savoure à travers les mots de Daphné du Maurier. Le dénouement est réaliste et laisse un arrière-goût de mélancolie en tête une fois la dernière page tournée.

La plupart d’entre nous ne pouvons nous évader que de temps à autre, et nous avons beau nous prétendre libres, nous savons que ce n’est que pour un instant. En réalité, nous sommes pieds et poings liés. 

En bref, une lecture dont je me souviendrai

En bref, La crique du Français de Daphné du Maurier est un roman qui s’éloigne des autres que j’ai pu lire de l’autrice. Je l’ai apprécié dans toute sa singularité. Si l’intrigue paraît assez simpliste on découvre, au fur et à mesure des chapitres, que le roman n’est pas tant une histoire d’amour entre un pirate et une femme mariée, mais bien une histoire d’amour entre l’autrice et la liberté. Ce n’est peut-être pas mon préféré de Daphné du Maurier, mais il laisse une image intact dans mon esprit une fois refermé : une impression entêtante d’évasion et de liberté retrouvée.

Pour résumer
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Connaissez-vous Daphné du Maurier ? Avez-vous déjà lu un de ses romans ?

Si le livre vous intéresse, vous pouvez le retrouver ici.


Autrice : Daphné du Maurier (britannique) Genre : Aventure – Date de publication originale : 1941 – Editions : Le Livre de Poche – Nombre de pages : 282

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3 thoughts on “Chronique – La crique du Français de Daphné du Maurier : une parenthèse de liberté”

  1. Un roman de Daphné Du Maurier dont je n’avais encore jamais lu de retour. C’est fou toutes ces histoires qu’elle avait en tête. De mon côté j’ai lu Rebecca que j’avais ADORÉ et Ma cousine Rachel. J’ai récupéré dans une boite à livre : La chaîne d’amour mais finalement il ne m’attire pas tant que ça ..

    1. Elle a écrit beaucoup de livres passionnants, mais Rebecca est de loin mon préféré aussi ! Je ne connais La Chaîne d’Amour que de nom, mais j’ai l’intention de lire tous les romans de Daphné du Maurier. Je pourrai t’en parler quand je l’aurai lu si tu veux 😊

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