Je ne cache plus mon amour pour l’écriture de Daphné du Maurier. Une nouvelle fois, j’ai souhaité découvrir un roman de cette autrice et j’ai jeté mon dévolu sur L’Auberge de la Jamaïque, publié pour la première fois en 1936, dont je n’avais jamais vraiment entendu parler. Après avoir lu brièvement le résumé de quatrième de couverture en diagonale, j’ai ouvert la première page et me suis laissée emportée dans ce roman d’aventures aux allures sombres et menaçantes. C’était une excellente lecture.


Résumé de la quatrième de couverture : Orpheline et pauvre, Mary Yellan n’a pas d’autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l’Atlantique. Dès son arrivée à l’Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu’elle a connue jeune et gaie n’est plus qu’une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l’auberge. Auberge dans laquelle, d’ailleurs, aucun vrai voyageur ne s’est arrêté depuis longtemps… De terribles épreuves attendent la jeune fille avant qu’elle ne trouve le salut en même temps que l’amour.


Une histoire surprenante

L’Auberge de la Jamaïque raconte l’histoire de Mary Yellan, une jeune fille de 23 ans, qui n’a pas d’autre choix que de quitter sa ferme suite au décès de sa mère. Elle va déménager chez sa tante, mariée à un aubergiste redouté de tous, et poser ses valises à la Jamaïque, en Cornouailles. Mary va découvrir sa tante transformée : du caractère enjoué et souriant donc elle se souvenait, il ne reste plus rien. La pauvre femme est terrorisée par son mari, Joss. En parallèle, celui-ci incite la jeune fille à ne poser aucune question sur les activités et les visiteurs de l’auberge, car elle pourrait le payer cher.

Ils devaient former un troupeau étrange, ceux qui dormaient avec cette terre pour oreiller, sous ce ciel noir. Quelque chose de diabolique devait subsister en eux. La route tortueuse se déroulait dans le silence et l’obscurité, sans qu’une seule lumière vînt un instant apporter à la voyageuse un message d’espoir. Peut-être n’existait-il aucune habitation sur l’interminable distance qui séparait Bodmin de Launceston ; peut-être n’y avait-il pas même une pauvre hutte de berger sur la route désolée. Sans doute une seule sombre tache : l’Auberge de la Jamaïque

C’est très simple, j’ai adoré ce roman. Je l’ai commencé un peu par hasard, sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Tout ce que je connaissais, c’était le nom de l’autrice. Je n’avais pas besoin de plus pour me lancer. Et quelle belle surprise ! C’est le seul mot qui me vient spontanément à l’esprit en écrivant ces lignes. J’avais adoré Rebecca de Daphné Du Maurier et passé un bon moment en découvrant son livre Ma cousine Rachel. Je m’attendais donc à retrouver un livre assez similaire, où l’ambiance jouait un rôle primordial et où l’action était lente. J’avais tout faux. Si l’atmosphère joue en effet un rôle important, le personnage principal Mary Yellan s’éloigne des protagonistes des deux autres livres de l’autrice.

Mary, une héroïne courageuse

Mary est une jeune fille de ferme qui refuse de laisser son destin être décidé par un mariage. Son seul désir est de s’installer dans une ferme, de travailler de ses mains la terre et de gagner assez d’argent pour faire fonctionner toute sa petite entreprise. C’est un personnage que l’on voit clairement évoluer au fil des pages, qui prend position et souhaite à tout prix venir en aide à sa tante. Son courage est d’autant appréciable qu’il m’a étonné.

Le grondement des vagues ne la tourmentait plus. Si la mort venait maintenant, ce serait une alliée. L’existence n’avait plus aucun attrait pour elle. En tout cas, on avait brisé toute vie en elle et le corps qui gisait sur le lit ne lui appartenait point. Elle n’avait aucun désir de vivre. Le choc avait fait d’elle un pantin et l’avait privé de sa force. Des larmes de pitié sur elle-même lui vinrent aux yeux. 

L’atmosphère pesante de la Jamaïque

J’ai été prise dans l’intrigue du roman dès les premiers chapitres. Comme souvent avec Daphné du Maurier, l’atmosphère du roman est l’essence même de son histoire. En lisant ses mots, j’avais l’impression de me trouver aux côtés de Mary, entre les murs sales de la Jamaïque. Je ressentais l’ambiance pesante qui semblait s’infiltrer par chaque fenêtre de la bâtisse. J’entendais le vent faire claquer les volets, je sentais le poids du regard de l’oncle Joss et le silence angoissant de la nuit noire. Les descriptions des paysages sont très réussies et on voit se dessiner sous nos yeux les moindres parcelles de terre que Mary aperçoit tout au long de l’histoire.

Il y a des choses qui se passent à la Jamaïque, Mary, que je n’ai jamais osé dire. Des choses affreuses. Des choses sinistres. Je ne pourrai jamais te les raconter. Je ne peux même pas les admettre à mes propres yeux. 

Un suspense maîtrisé jusqu’à la fin

À mes yeux, L’Auberge de la Jamaïque est une très belle réussite. C’est un livre d’aventures et l’action a su parfaitement trouver sa place dans l’atmosphère pesante qui entoure l’intrigue. Le suspense installé par l’autrice est très efficace, le rythme est très bien maitrisé et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Dès le début, on rejoint les questionnements de Mary : que se passe-t-il à la Jamaïque ? Pourquoi tout le monde fuit cette auberge isolée du monde ? Quelle est cette menace qui pèse sur Mary dès le début de l’histoire ?

– Parfois, il y aura des nuits où vous entendrez des roues sur la route, dit-il, et ces roues n’iront pas plus loin, mais s’arrêteront devant l’Auberge de la Jamaïque. Et vous entendrez des pas dans la cour, et des voix sous votre fenêtre. Quand cela arrivera, vous resterez dans votre lit, Mary Yellan, et vous cacherez la tête sous les couvertures. Comprenez-vous ?

– Oui, mon oncle.

– Très bien. Maintenant, sortez, et si vous me posez une nouvelle question, je vous briserai les os. 

J’ai grandement apprécié le twist final, même s’il me paraissait un peu prévisible. Mais peut-être est-ce parce que j’ai déjà lu d’autres romans de l’autrice ? Dans tous les cas, il était très bien amené et exploité. La montée en intensité dramatique est palpable au fil du roman et le suspens psychologique est bien là.

En bref, un livre que j’ai adoré découvrir

En bref, L’Auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier fut une excellente surprise. L’autrice n’a pas de cesse de me surprendre et de m’embarquer dans ses histoires à l’atmosphère travaillée. Mary est un personnage que j’ai beaucoup aimé suivre dans cette histoire où le suspens est permanent. Le rythme est très bien construit, les personnages pour beaucoup détestables, et les paysages décrits magnifiques. Je ne me suis pas ennuyé un instant. Si vous souhaitez découvrir les Cornouailles à travers une histoire palpitante, L’Auberge de la Jamaïque pourrait bien vous plaire.

Pour résumer

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Avez-vous déjà lu L’Auberge de la Jamaïque ou d’autres livres de Daphné du Maurier ?


Autrice : Daphné du Maurier (britannique) Genres : Policier, Suspens – Date de publication originale : 1936 – Editions : Le Livre de Poche – Nombre de pages : 313

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