Si j’aime beaucoup les histoires de Stephen King, je me suis un peu éloignée de son œuvre ces dernières années. Depuis 2020, j’ai très envie de continuer à découvrir ses écrits, romans, nouvelles et essais. Si j’avais commencé avec Joyland et Danse macabre, j’ai dernièrement jeté mon dévolu sur Christine, publié en 1983. Je connaissais ce livre de nom et j’avais une vague idée de l’intrigue. Qui ne reconnaîtrait pas cette fameuse voiture rouge sur l’affiche du film du même nom réalisé par Carpenter ? J’ai vu l’affiche de cette adaptation du livre de Stephen King un nombre incalculable de fois. J’ai donc voulu découvrir l’œuvre originale pour me faire un avis. En lisant Christine, je n’ai pas trouvé ce à quoi je m’attendais. Enfin, si, dans un sens. En effet, Christine raconte l’histoire d’une voiture à la belle couleur rouge qui va chercher à se débarrasser de certaines personnes. Mais ce que je ne savais pas, c’est que Christine est aussi une histoire très psychologique axée sur le propriétaire de la voiture qui en devient obsédé au point d’en oublier sa propre vie.

Avant-propos : J’ai lu ce roman dans sa version originale, en anglais. Le livre est disponible en français sous le même titre, Christine, aux éditions Le livre de Poche.


Résumé de la quatrième de couverture (VO) : Christine, blood-red, fat, and finned, was twenty. Her promise lay all in her past. Greedy and big, she was Arnie’s obsession, a ’58 Plymouth Fury. Broken down but not finished. There was still power in her – a frightening power that leaked like sump oil, staining and corrupting. A malign power that corroded the mind and turned ownership into Possession.

Résumé de la version française : Christine est belle, racée, séduisante. Elle aime les sensations fortes, les virées nocturnes et le rock n’roll des années héroïques. Depuis qu’elle connaît Arnie, elle est amoureuse. Signe particulier : Christine est une Plymouth « Fury », sortie en 1958 des ateliers automobiles de Detroit. Une seule rivale en travers de sa route : Leigh, la petite amie d’Arnie…


Arnie et Christine

Avant d’être l’histoire d’une voiture, Christine raconte l’histoire d’Arnie et de son obsession pour la Plymouth « Fury » rouge de 1958 qu’il vient d’acheter. Arnie est très seul et est loin d’être populaire au lycée. C’est d’ailleurs plutôt le contraire. Comme l’explique son seul et unique ami, Dennis, qui raconte une grande partie de l’histoire, il faut des losers dans chaque lycée. Malheureusement pour Arnie, il en fait partie. S’il a toujours suivi le droit chemin que ses parents traçaient pour lui, il va prendre une décision qui va changer sa vie. Il achète une voiture délabrée qui le fascine au premier regard. Son personnage est l’un des plus intéressants comme un des plus pathétiques. Il est difficile de ne pas se sentir touché par son histoire.

It could have been funny if it hadn’t been so bad.

How bad was it?

It was bad from the start. And it got worse in a hurry. 

J’ai été assez surprise en commençant ma lecture, car l’image que je m’étais mentalement fait de l’histoire était uniquement centrée sur la voiture. Découvrir Arnie et suivre son évolution, son obsession grandissante et sa transformation était quelque chose à laquelle je ne m’attendais pas. Pourtant, il s’agit là du cœur de l’histoire que raconte Christine. Sur ce coup, je pense d’ailleurs que le résumé de la quatrième de couverture de la version originale, en anglais, est plus réussie et plus juste que le résumé de la version française (tous deux disponibles un peu plus haut dans cet article). Quoiqu’il en soit, j’ai été ravie de découvrir cette aspect de l’histoire qui sert en grand bien l’intrigue.

Des personnages attachants

Il ne faut pas s’attendre à un départ plein d’action, car ce n’est pas le cas dans ce roman. Le début est assez lent et plante le décor et les premiers personnages. On découvre Arnie, sa famille et Dennis, son meilleur ami. Si j’avais peur de m’ennuyer, cela n’est pas arrivé. Dans un décor typique des années 80, que j’aime particulièrement, King plante de façon réfléchie tous les éléments qui seront nécessaires à son intrigue. On va suivre Arnie, à travers les yeux de Dennis, et assister avec lui à la transformation de son ami. Au contact de Christine, Arnie devient une toute autre personne. Et comme il fallait s’en douter, cette relation dévorante ne va aller que de mal en pis.

Son, you’re probably too young too look for wisdom in anyone’s words but your own, but I’ll tell you this: love is the ennemy. […] Yes. The poets continually and sometimes willfully mistake love. Love is the old slaughterer. Love is not blind. Love is a cannibal with extremely acute vision. Love is insectile; it is always hungry. 

En plus d’Arnie, Christine présente d’autres personnages tout aussi intéressants. J’ai adoré le personnage de Dennis, l’ami d’Arnie et narrateur d’une grande partie du roman. Je me suis rapidement identifiée à lui. Toutes les scènes auxquelles on assiste sont décrites à travers son propre regard et il est difficile, je pense, de ne pas l’apprécier.

Un choix narratif judicieux

L’intrigue est très bien menée. J’ai apprécié la façon dont l’auteur disséminait des informations pour expliquer comment les événements fantastiques avaient pu se produire, comment Christine, cette flamboyante Plymouth « Fury », était devenue ce qu’elle était.

If being a kid is about learning how to live, then being a grownup is about learning how to die. 

La narration de l’histoire est particulière, mais finalement, bien choisie. Le livre se découpe en trois parties distinctes, dont deux sont racontées du point de vue de Dennis, l’ami d’Arnie. On lit la première partie du roman mal à l’aise et hypnotisé par la lente transformation d’Arnie, ses changements et tout ce que cela entraîne autour de lui. Puis, arrivé à la seconde partie, tout s’accélère. On prend conscience de la gravité de la situation, de ce qui va arriver sans pouvoir rien y faire. Enfin, une fois à la dernière partie, plus qu’une seule solution : tourner les pages toujours plus vite pour voir comment l’histoire se termine. Stephen King a cette particularité de donner des indices sur ce qui va se passer en fin de chapitre, de façon directe et parfois même, presque grossière. Si cela peut sembler vu et revu, je dois avouer que dans Christine cela fonctionne parfaitement bien ! On se laisse emporter dans la narration avec l’idée en tête de toujours en lire un peu plus.

L’horreur dans Christine 

L’aspect horrifique de l’histoire est lui aussi, réussi. Si l’histoire débute avec un sentiment de malaise, rapidement, elle prend une tournure bien plus inquiétante. Les évènements vont crescendo et chaque situation est pire que la précédente. Avant de commencer ma lecture, j’avais un peu peur que Christine fasse « ridicule », comme dans un mauvais téléfilm. Après lecture du livre, je suis à présent totalement convaincue que non ! Christine s’impose, d’une façon insidieuse et malsaine, jusqu’à en devenir effrayante.

when things start to go wrong, everything goes wrong

En bref, un excellent roman de Stephen King

En bref, j’ai tout simplement adoré Christine de Stephen King. J’ai été totalement immergée dans l’intrigue. Arnie a un développement très intéressant qui m’a vraiment attristée. L’auteur a réussi à développer la psychologie de ses personnages, surtout Arnie, et je trouve qu’il a fait un travail formidable. Christine, elle aussi, est un personnage à part entière du roman. Voir son influence sur Arnie et les personnes qui le côtoient était glaçant. Mais je ne souhaite pas en dire plus, pour ne rien dévoiler du livre.

C’était la première fois que je lisais un livre de Stephen King en version originale (en anglais) et je dois dire que j’ai été totalement convaincue par l’expérience. J’ai l’impression d’avoir été beaucoup plus facilement entrainée dans l’histoire. Je pense que je continuerai d’ailleurs à lire les œuvres de cet auteur dans leur version originale à l’avenir. Christine m’a vraiment fait une impression que je ne saurais pas comment décrire. J’en ressors transportée. Je pense, sans beaucoup d’hésitation, que ce roman est un de mes préférés de Stephen King.

Pour résumer

 Notation lecture étoile vide du blog Parlons fiction blog littéraire et culturel

Couverture du roman Christine de Stephen King sur le blog littéraire Parlons fiction

Avez-vous déjà lu Christine de Stephen King ? Ou vu l’adaptation cinématographique réalisée par Carpenter en 1983 ?


Auteur : Stephen King (américain) Genres : Horreur, Fantastique – Date de publication originale : 1983 – Editions : Hodder Paperbacks – Nombre de pages : 768

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2 thoughts on “Chronique – Christine de Stephen King : quand posséder une voiture tourne à l’obsession”

  1. Un King que je n’ai pas lu, je t’avoue que je ne suis pas du tout branchée voiture alors il n’est jamais sorti dans mes listes de romans à lire de l’auteur. Mais finalement j’ai l’impression que ça va plus loin qu’une simple histoire de voiture. Peut-être à tenter ! Après il y a tellement de choix dans les romans de King difficile de choisir !

    1. Si cela peut te rassurer, je ne suis pas très branchée voiture non plus 😂 Oui, l’histoire va au-delà de l’aspect « voiture » et est très psychologique. Une grande partie est d’ailleurs tournée davantage sur Arnie, le propriétaire de la voiture, que sur Christine elle-même. Le livre pourrait peut-être te plaire ! C’est vrai qu’avec toute l’œuvre de Stephen King, le choix est large 🙂

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