Pour terminer 2020 en beauté, j’ai profité de mes dernières lectures pour me plonger dans un livre de Daphné du Maurier dont j’ai rarement entendu parler : Le bouc émissaire. Il m’a été conseillé une fois sur Twitter, lorsque je parlais de l’autrice. Je n’arrive malheureusement pas à me rappeler qui me l’a conseillé, mais je le ou la remercie. Le bouc émissaire est un livre assez différent de ceux que j’avais pu lire jusqu’à lors de l’autrice. Dans ses livres L’Auberge de la Jamaïque ou Ma cousine Rachel, on retrouvait souvent un personnage féminin au centre de l’intrigue et assez peu de personnages principaux importants. L’atmosphère était toujours très travaillée, tout comme le suspens, ce qui est aussi le cas dans Le bouc émissaire. Alors quelle différence ? Dans ce livre, on va suivre un personnage masculin qui va être confronté à une farandole de personnages toujours plus nombreux et mystérieux. J’ai évidemment retrouvé la maîtrise de l’écriture de Daphné du Maurier dans ce roman et j’ai été agréablement surprise d’y découvrir également de nouvelles qualités.


Résumé de la quatrième de couverture : John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son sosie parfait, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance : l’un est solitaire, sans famille, l’autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l’étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des affaires de Jean, qui a disparu. À la porte, le chauffeur l’attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean… Comme dans Rebecca, on retrouve dans ce livre la cruauté, l’étrangeté et l’art du suspense de Daphné du Maurier.


Une histoire originale signée Daphné du Maurier

Que feriez-vous si vous vous retrouviez nez à nez avec votre sosie ? C’est ce qui arrive à l’historien anglais John dans Le bouc émissaire. Avant même qu’il ne comprenne ce qui lui arrive, il se retrouve à être pris pour Jean de Gué, son double, un Français à la tête d’une petite fortune et d’une grande famille aux relations compliquées. En moins de quelques heures, John, célibataire sans attache qui vit seul depuis des années, se retrouve propulsé dans un milieu dont il ne connaît pas les codes. Et il va décider d’y rester.

Comme je m’écartais pour lui laisser la place, il se retourna et me regarda. Je le regardai aussi et je m’aperçus, dans un bizarre mélange de surprise, de peur et de malaise, que son visage et sa voix ne m’étaient que trop bien connus.

C’était moi que je regardais. 

Ce livre est le premier de ce genre que je lis de Daphné du Maurier. On retrouve évidemment l’écriture raffinée et poétique de l’autrice, mais elle aborde avec cette histoire des sujets que je n’avais pas encore rencontré dans ses autres textes. La première chose qui m’a frappé, c’est qu’elle met en avant dans ce roman John, un personnage masculin. Pour être assez franche, je n’ai pas vraiment accroché avec le personnage principal. Certaines de ses décisions, ou de ses non-décisions, m’ont parfois un peu énervée car je ne les comprenais pas. Cependant, je me demande si ce n’était pas là une des intentions de l’autrice en créant ce sosie parfait de Jean de Gué. Si je n’ai pas particulièrement accroché avec le personnage, ce n’est pas pour autant que je n’ai pas réussi à m’attacher à lui. J’en ai d’ailleurs été la première surprise lorsque que je l’ai moi-même constaté à la fin du roman.

Échanger son identité : à quel prix ?

Une nouvelle fois, Daphné du Maurier propose avec ce livre une histoire très prenante. Je suis facilement entrée dedans et j’avais toujours envie de voir jusqu’où l’échange d’identité allait aller. Le coup de maître de l’autrice est pour moi dans la construction de son roman : on découvre tout en même temps que John de la vie de Jean de Gué dont il a pris la place. Cela facilite réellement la construction de l’histoire. Notre degré de connaissance est le même que celui du protagoniste de l’histoire. L’atmosphère est pesante et on se sent étouffé par la grande famille de Jean de Gué, au même titre que John. On découvre l’envers du décor, la vie cachée d’un personnage que tout le monde semble au premier abord apprécier. C’est une plongée dans l’inconnu que l’on fait en compagnie de John, pour le meilleur et pour le pire.

La vie m’a appris une chose : c’est que la seule force active de la nature est la convoitise. Insectes, mammifères, hommes, femmes, enfants, nous sommes tous avides. Ce n’est pas très joli, mais qu’y peut-on ? La seule chose à faire est d’assouvir ces convoitises, de satisfaire les appétits des gens, de leur donner ce qu’ils désirent. Le malheur c’est qu’ils sont insatiables. 

Le roman aborde des thématiques que j’ai trouvé très intéressantes comme la quête d’identité, la différence entre le bien et le mal et surtout, la cupidité des hommes. On est confronté à notre propre vision de l’identité et de la personnalité d’un individu : peut-on réellement remplacer quelqu’un ? Finalement, tout le texte est centré autour de la quête d’identité du personnage principal qui finira par se confondre avec celle de son sosie. J’ai adoré suivre le livre et me laisser porter par les mots de Daphné du Maurier qui en profite pour disséminer des thèmes importants et pointer du doigt des éléments qui font réfléchir.

Un dénouement surprenant

Je n’ai pas particulièrement apprécié la fin du roman. Elle n’est pas inachevée, loin de là, mais je ne l’ai tout simplement pas aimé. J’aurais souhaité une autre fin, mais c’est un avis évidemment très personnel. J’ai tout de même été un peu triste de terminer le livre sur cette note, avec une fin qui ne me comblait pas tout à fait, mais qui ne me décevait pas réellement. Finalement, en refermant le roman, j’ai eu comme une drôle d’impression. Tout comme John qui au cœur de l’histoire, j’ai assisté au déroulement d’une vie qui n’était pas la mienne et j’en ai pris conscience. Un choc, en quelque sorte. Sur ce coup-là, je dois avouer que Daphné du Maurier a bien maîtrisé son dénouement.

C’est parfois céder à une sorte d’indulgence que de penser de soi le pire. On dit : Maintenant que je suis au fond du trou, je ne tomberai pas plus bas, et on éprouve une espèce de plaisir à se vautrer dans les ténèbres. Oui mais voilà, ce n’est pas vrai : on peut toujours tomber plus bas. Le mal en nous est infini, comme le bien. C’est une question de choix. On s’efforce de s’élever ou l’on s’efforce de tomber. L’important est de découvrir dans quelle direction l’on va. 

En bref, Le bouc émissaire est un roman unique

En bref, Le bouc émissaire est un livre que j’ai beaucoup aimé découvrir. Parmi les livres de l’autrice que j’ai déjà lus, celui-ci se distingue aisément des autres par ses thématiques et son personnage principal. Je trouve l’intrigue assez originale et j’aime beaucoup l’idée de sosies : c’est aussi effrayant que fascinant. Si le résumé vous intrigue, cette histoire de Daphné du Maurier pourrait bien vous plaire.

Pour résumer
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Couverture du roman Le bouc émissaire de Daphné du Maurier sur le blog littéraire Parlons fiction

Et vous, comment réagiriez-vous si vous vous retrouviez nez à nez avec votre sosie ?

Si le livre vous intéresse, vous pouvez le retrouver ici.


Autrice : Daphné du Maurier (britannique) Genres : Fantastique, Policier, Suspens – Date de publication originale : 1957 – Editions : Le Livre de Poche – Nombre de pages : 480

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