Daphné du Maurier est une autrice que j’ai découverte pour la première fois avec son roman Rebecca, qui fut un véritable coup de cœur. On la présente souvent comme maîtresse dans l’art du suspense, de la psychologie et des romans gothiques, et je dois dire que le premier livre que j’avais pu lire d’elle confirmait en tout point cette réputation. Je me suis donc lancée à la découverte d’un second roman écrit de sa main, Ma cousine Rachel, publié en 1951. Si je n’ai pas eu un coup de cœur aussi puissant qu’avec Rebecca, ce livre m’a fait passer un très bon moment.  Sa construction est très travaillée et Daphné du Maurier s’amuse à nous mener en bateau du début à la fin, à jouer sur la psychologie de ses personnages, mais aussi sur la curiosité de son lecteur.


Résumé de la quatrième de couverture : Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie. Quand Ambroise lui écrira qu’il soupçonne sa femme de vouloir l’empoisonner, Philip le croira d’emblée. Ambroise mort, il jure de le venger. Sa cousine, cependant, n’a rien de la femme qu’imagine Philip. Il ne tarde pas à s’éprendre d’elle, à bâtir follement un plan d’avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.


La force du roman : une atmosphère pesante et un décor très bien décrit

Dans Ma cousine Rachel, on suit le personnage de Philip, élevé par son cousin Ambroise qui pour lui est à la fois son frère, son ami et son mentor. Ambroise est toute sa vie, c’est un être rationnel avec une vie très routinière et prévisible. Lorsque Ambroise quitte leur manoir des Cornouailles pour partir en voyage, et qu’il annonce se marier avec Rachel, une cousine que personne ne connaît, Philip prend peur. Quand il apprend la mort d’Ambroise peu de temps après, le flou qui entoure sa cousine Rachel s’épaissit. Qui est-elle et qu’est-il arrivé à Ambroise ? Philip va tenter de le découvrir, mais ce n’est pas sans risquer de perdre une part de lui-même.

Comme souvent avec les œuvres de Daphné du Maurier, ce récit prend place dans les Cornouailles, et quel décor ! L’autrice dépeint à merveille une atmosphère très anglaise, très bourgeoise et évidemment, très gothique : c’est le point fort de Daphné du Maurier, savoir travailler en profondeur tout le décor dans lequel prend place son histoire. Cela permet d’être très vite immergé dans l’histoire et j’ai adoré voyager à cette époque aux côtés de personnages aussi forts. La force des personnages de Daphné du Maurier forme d’ailleurs à elle seule tout le roman. Le cadre est parfaitement décrit, l’ambiance est posée et l’autrice s’amuse à jouer avec le lecteur en le poussant dans des hypothèses et des questionnements toujours plus poussés à travers le comportement parfois ambigu des personnages.

Le personnage de Rachel est de loin le plus complexe à comprendre, et c’est bien là que réside tout le mystère de ce roman. Tout au long de l’histoire, j’essayais de mieux la cerner et de mieux comprendre son comportement et ses choix. Mais quelle difficulté ! Elle séduit, elle repousse et elle attire à la fois, sans oublier cette part d’ombre qui plane à chaque chapitre sur son personnage très énigmatique.

Que son nom sonne doux et tendre quand je le dis tout bas ! Il traîne sur la langue, insidieux et lent, comme un poison ; la comparaison est assez exacte. Il passe de la langue aux lèvres desséchées et des lèvres retourne au cœur. Le cœur mène au corps et aussi la pensée. En serai-je délivré un jour ? Dans quarante, dans cinquante ans ? Ou bien un fragment de ma cervelle en demeurera-t-il à jamais touché, malade ? Quelque minuscule cellule de mon sang manquera-t-elle à jamais à retourner avec ses sœurs à la source du cœur ? Et qui sait, au fond, si je désire être délivré ? En tout cas, je suis incapable aujourd’hui de le dire.

En lisant Ma cousine Rachel, j’ai été frappée par la mentalité de certains personnages, notamment concernant la condition des femmes et leur rôle dans la société. Cela est sans doute témoin d’une mentalité de l’époque concernant la place des femmes vis-à-vis des hommes. À ce niveau-là, le roman est donc un peu daté, mais je pense que c’est important à souligner pour ne pas oublier le contexte d’écriture du roman lorsqu’on le découvre : il fut publié en 1951.

 

Ma cousine Rachel, un roman gothique basé sur le suspense psychologique

Ma cousine Rachel est un vrai petit bijou au niveau du suspense psychologique : dès le début de l’histoire, on sait que quelque chose sonne faux, mais on ne sait pas quoi. Daphné du Maurier maîtrise à la perfection son suspense psychologique qu’elle distille à travers les pages de son roman. Entre suspicions, fausses pistes et révélations en demi-teinte, l’autrice déroute son lecteur tout au long du roman et c’est réellement ce que j’ai aimé. Finalement, dans ce roman, il n’y a que très peu d’action : l’essence même du livre réside dans ses personnages et son atmosphère pesante.

La vérité, c’est qu’il faut supporter la vie et la vivre. 

Au cours de ma lecture, un point m’a tout de même un peu moins convaincue. À l’arrivée de sa cousine Rachel, le comportement du personnage de Philip change du tout au tout, et ce relativement vite. Bien que cela ne m’ait pas spécialement dérangé dans ma découverte de ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver cette évolution de comportement effectuée peut-être un peu trop rapidement.

 

En bref, une lecture prenante à l’atmosphère pesante

En bref, j’ai beaucoup aimé découvrir Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier. Une nouvelle fois, ses personnages sont bien travaillés et l’atmosphère de son histoire particulièrement bien décrite. Le mystère qui entoure la cousine Rachel est bien là et l’autrice s’amuse à jouer avec la curiosité de son lecteur pour l’amener de suspicions en suspicions. J’avais déjà lu Rebecca de la même autrice, que j’avais adoré. Bien que dans mon cœur, Rebecca gardera toujours une place spéciale, Ma Cousine Rachel est un très bon roman gothique qui se lit rapidement et questionne en permanence.

Pour résumer

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Connaissez-vous Daphné du Maurier ? Avez-vous déjà lu Ma cousine Rachel ?


Autrice : Daphné du Maurier (britannique) Genre : Thriller psychologique, gothique – Date de publication originale : 1951 – Editions : Le Livre de Poche – Nombre de pages : 384

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