Après avoir découvert Michael Crichton avec ses romans Jurassic Park et Le monde perdu, que j’avais tout simplement dévoré, j’ai souhaité continuer à lire l’œuvre de cet auteur. Il y a quelques mois, sur les étals d’une bouquinerie parisienne, j’ai vu son livre État d’urgence dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à présent. En lisant rapidement la quatrième de couverture, j’ai compris qu’il s’agissait à nouveau d’un techno-thriller, mais qui s’intéressait cette fois-ci à l’écologie et aux écoterroristes. Un sujet qui m’a tapé dans l’œil car je n’avais jamais rien lu de tel. Me revoici donc, quelques mois après cet achat, pour revenir sur ma lecture et vous en parler dans cet article. Si j’ai retrouvé le talent de narration de Michael Crichton dans ce roman, j’en suis ressortie déçue, pour ne pas mâcher mes mots. Ce qui est assez étonnant, c’est que je suis effectivement mécontente de cette lecture, mais je dois avouer que le livre est très dense et donne matière à réfléchir.


Résumé de la quatrième de couverture : À San Francisco, le milliardaire George Morton s’écrase du haut d’une falaise à bord de sa Ferrari quelques minutes seulement après avoir annoncé qu’il retirait son soutien à un mouvement écologiste international…
Avant de disparaître, George avait laissé un message énigmatique. Peter, son avocat, et Sarah, son assistante, le décryptent… et se trouvent emportés dans une course-poursuite qui va les précipiter des glaces de l’Antarctique aux forêts vierges de Mélanésie. Face à eux, un ennemi insaisissable prêt à détruire la planète pour prouver qu’elle est en danger. Tremblement de terre, tsunami, cyclone : si les idéalistes fous ne sont pas neutralisés, des milliers de gens vont mourir dans une série de catastrophes naturelles d’une ampleur sans précédent…


Un techno-thriller bien rythmé

État d’urgence a pour principal thème l’écoterrorisme. Un milliardaire, George Morton, va mystérieusement disparaître après avoir annoncé qu’il retirait son financement à un mouvement écologiste de grande envergure. En parallèle, des plans se préparent à l’ombre des médias pour essayer de produire des catastrophes soi-disant « naturelles » et réveiller les consciences écologistes des pays occidentaux. Peter, l’avocat de George Morton, et Sarah, sa secrétaire, vont décrypter un message de leur employeur et se lancer dans une course-poursuite pour tenter d’empêcher ces attaques.

Comme souvent avec Michael Crichton, je dois avouer que ce techno-thriller est très bien rythmé. Le livre se lit assez rapidement. Il y a de l’action à chaque chapitre et des rebondissements très régulièrement. Les chapitres sont courts et poussent toujours le lecteur à en lire un de plus pour savoir ce qu’il va se passer. De même, l’écriture de l’auteur est très fluide et presque cinématographique. On pourrait presque voir ce roman adapté à l’écran rien qu’en le lisant.

Le monde n’était pas ce que l’on souhaitait qu’il fût.      
Le monde était ce qu’il était. 

Un début prenant

Le début du roman est prenant : on sent que quelque chose est en train de se mettre en place sans vraiment savoir qui en est à l’origine. Les premiers chapitres donnent le ton et je suis entrée assez facilement dans l’histoire. Même s’il faut attendre quelques pages pour rencontrer les futurs personnages principaux, j’ai été assez facilement prise dans l’intrigue dès le départ. Malheureusement, au fur et à mesure de l’histoire, plusieurs points ont commencé à me déranger…

Tout d’abord, je n’ai clairement pas été convaincue par les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires. Aucun personnage. J’en fus d’ailleurs la première surprise. Les personnages sont tous très caricaturaux, ce que soit dans leurs pensées ou leur façon d’être. Je ne me suis attachée à aucun d’eux et qu’importe ce qui pouvait leur arriver, j’avoue ne jamais avoir eu peur pour leur vie.

Des personnages caricaturaux

Un des points qui m’a fait très régulièrement lever les yeux au ciel était les petites réflexions de type « flirt » dans le récit entre Peter et les deux personnages féminins principaux. Cela n’apporte rien à l’histoire et ne mène d’ailleurs nulle part. Il s’agit simplement de scènes de flirt pour du flirt et j’ai trouvé ça inutile. Dans le même genre, le personnage de Sarah m’a fait tiquer par moment. Par exemple, au cours de l’histoire elle trouve qu’un homme ne lui plaît pas car il a souvent peur et ne s’affirme pas autant que les autres. Mais dès que, quelques pages plus tard, il se met sur le devant de la scène, elle se dit que finalement elle l’aime bien car il fait plus « homme ». Les personnages sont donc pour moi loin d’être le point fort du livre et certains passages ne servaient pas réellement l’histoire.

 Qu’on le veuille ou non, nous sommes en pleine guerre, une guerre totale entre l’information et la désinformation. Elle fait rage sur tous les terrains : presse écrite et reportages télévisés, publications scientifiques, sites Web, conférences, salles de classe… et jusque dans les tribunaux. 

D’ailleurs, j’ai trouvé que l’histoire en elle-même reste assez invraisemblable. Les personnages principaux frôlent la mort très régulièrement (vraiment très régulièrement) et se remettent sur pieds en moins de quelques heures à chaque fois. Cela n’est pas vraiment réaliste et me rappelle les scénarii de blockbuster américain.

État d’urgence oui, mais peut-être un peu trop

J’avais aussi l’impression que l’auteur cherchait à faire dans le sensationnel par moment. C’est vers la fin du livre que j’ai vraiment eu une impression de « trop ». Une scène se passe sur un île, dans un village rebelle, je n’en dirai pas plus pour ne rien révéler de l’histoire. Dans cette scène, il se passe quelque chose que j’ai trouvé totalement superflu. Alors oui, ça impressionne. C’est même un peu morbide. Pour autant, cela n’apporte rien à l’histoire ou à l’intrigue, et c’est dans ce sens là que cela m’a dérangé.

En passant, un autre point m’a étonné en lisant ce roman et je pense qu’il est important de souligner. Au cours de ma lecture, je me suis vite rendu compte que le résumé de la quatrième de couverture n’était pas très juste. S’il s’agit plus ou moins d’un bref résumé de l’histoire, l’événement annoncé dès la première ligne n’intervient pas avant la page 200 du roman, ce que j’ai trouvé assez étonnant.

Des prises de position sur l’écologie très marquées

L’aspect du roman qui m’intriguait le plus et qui m’a fait le plus réfléchir, était évidemment l’aspect environnemental et les positions sur l’écologie de l’auteur à travers ses personnages. Avant tout de chose, je pense qu’il est quand même important de rappeler que ce livre a été publié en 2005. Je ne suis pas une professionnelle de l’environnement, ici je tiens simplement à partager mon avis de lectrice, certes intéressée par ce sujet, mais pas experte. 

Le cœur d’État d’urgence est évidemment l’aspect environnement et écologie qu’il met en avant à travers son intrigue qui s’intéresse à l’écoterrorisme. L’auteur distille ses propres idées à travers les paroles de ses personnages. Mais les personnages sont, comme je l’ai dit plus haut, bien trop caricaturaux, ce qui tranche rapidement avec la position de l’auteur qui fini par devenir beaucoup trop présente et appuyée par tous les dialogues.

Il importe de savoir que si la cause spécifique de notre peur peut changer, la peur elle-même est toujours là. La peur envahit la société dans tous ses aspects. En permanence.

Michael Crichton est connu pour écrire des romans avec beaucoup de contenu scientifique présenté de façon abordable pour que l’on puisse aisément suivre sa pensée. Si j’avais beaucoup aimé sa façon de présenter, par exemple, la théorie du Chaos dans Jurassic Park à travers le personnage de Ian Malcolm, j’ai tout simplement détesté le personnage qu’il a choisi dans État d’urgence pour expliquer sa pensée. Avec le professeur Kenner, on se perd dans des conversations interminables sur l’écologie. Au lieu d’assister à des échanges d’arguments et de points de vue, ce qui aurait pu être très intéressant, on observe toujours Kenner qui fait comprendre à tous les autres personnages qu’ils sont finalement idiots et ne détiennent pas la vérité. Il explique aussi que s’ils le souhaitent, il peut donner des références d’articles aux arguments qu’il met en avant comme étant la vérité (références qui sont toujours disponibles en bas de page). J’ai détesté ce personnage prétentieux qui part du principe qu’il détient la vérité et que tous les autres sont justes à côté de la plaque.

Entre monologues et climatoscepticisme

Finalement, au cours des pages tout devient climatosceptique et on ne sait plus vraiment quoi écouter. Car si en réalité, rien n’est vrai, pourquoi on écouterait ce qu’expliquent les personnages ? J’ai fini par me perdre et ne plus réellement comprendre où voulait en venir l’auteur. Il fait crouler son livre sous tout un tas de références à des revues scientifiques, dont nous n’avons pas le contexte, pour appuyer une position sur l’environnement qui m’a paru plus ou moins floue. À sa sortie, État d’urgence a d’ailleurs été très critiqué par des scientifiques sur l’inexactitude des faits présentés et des interprétations éloignées des données utilisées. De quoi faire réfléchir.

À la fin du livre, on retrouve tout de même une bibliographie de toutes les sources scientifiques qui ont été utilisées par l’auteur pour écrire son roman, mais aussi une partie sur ses positions vis-à-vis du climat et de l’environnement. Si je suis loin d’être en accord avec lui sur tous les points qu’il soulève, je dois admettre que j’ai trouvé cet ajout intéressant. Cela m’a permis de comprendre peut-être un peu mieux ce que Michael Crichton avait essayé de laisser transparaître dans son histoire.

La véritable question en matière de protection de l’environnement est de savoir si les avantages l’emportent sur les inconvénients, sachant qu’il y aura toujours des conséquences néfastes. 

En bref, une déception pleine de réflexions

En bref, j’ai été déçue sur le fond du roman, bien que la forme soit réussie avec un rythme maitrisé et des rebondissements réguliers. État d’urgence est un roman très dense qui offre beaucoup de matière pour réfléchir. Il est riche en références et reste donc une lecture assez complexe à faire. Si l’on souhaite comprendre tous les tenants et les aboutissants de l’intrigue comme les théories sur le climat, il faut être concentré. L’auteur a écrit un livre assez technique et scientifique qui pourrait, je pense, facilement perdre le lecteur s’il n’est pas assez attentif ne serait-ce que quelques minutes. J’ai trouvé que Michael Crichton critiquait le côté extrémiste des écologiques, mais qu’il est tombé finalement lui-même dans l’extrême pour imposer ses théories climato-sceptiques. Pour résumer, si ce roman ne m’a pas convaincue, il m’a tout de même donné matière à réfléchir et m’a donné envie de continuer à m’informer sur le sujet du climat et de l’environnement.

Pour résumer

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Couverture du roman Etat d'urgence de Michael Crichton aux éditions Pocket sur le blog littéraire Parlons fiction

Avez-vous déjà lu État d’urgence de Michael Crichton ?


Auteur : Michael Crichton (américain) Genre : Techno-thriller – Date de publication originale : 2005 – Editions : Pocket – Nombre de pages : 731

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