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Crime et châtiment de Dostoïevski : un monument de la littérature russe

Avis lecture Crime et châtiment de Dostoievski sur le blog littéraire Parlons fiction

Il y a parfois des livres dont il n’est pas évident de parler. On s’en rend compte une fois la page blanche sous les yeux. Crime et châtiment de Dostoïevski fait partie de ceux-là. Ce monument de la littérature russe est aussi intimidant par sa longueur qu’impressionnant une fois la lecture commencée. Crime et châtiment est un roman troublant et marquant donc je me souviendrai encore longtemps. J’ai décidé de me lancer dans cette lecture sur un coup de tête, avec la volonté de découvrir la littérature russe. Je sais à présent que je ne m’arrêterai pas là.


Résumé

Raskolnikov, jeune étudiant vivant dans la misère, assassine sa logeuse à coups de hache. C’est le point de départ de Crime et châtiment, chef-d’oeuvre paru en 1866, inspiré des quatre années que Dostoïevski passa au bagne en Sibérie. Révolté par la misère, l’alcoolisme et la corruption qui sévissent alors en Russie, l’auteur tire de cette pourriture une oeuvre immortelle. Raskolnikov, ambitieux et solitaire, rejette la morale collective, transgresse les lois de la société, et se rêve en nouveau Napoléon. Pour lui, le monde se divise en deux catégories : les êtres ordinaires et les êtres exceptionnels ; à ces derniers, tout est permis ; alors oui, son crime, comme ceux de Napoléon, sera justifié par l’Histoire. Plongeant dans les ténèbres de l’âme humaine, disséquant la morale, analysant les rouages de la violence, Dostoïevski décrit la déchéance d’un homme, poussé dans ses retranchements par la cruauté du monde.

 


Le choix du crime

Raskolnikov est un étudiant à l’avenir prometteur, mais sa pauvreté ne fait qu’entraver son chemin. Il lutte au quotidien pour survivre, alors que d’autres, comme cette vieille usurière, vivent dans l’opulence et paraissent, somme toute, inutiles au monde. Pour s’arracher à sa condition, Raskolnikov se résout à commettre un crime pour voler l’argent dont il a tant besoin. Malheureusement pour lui, tout ne se déroule pas comme prévu et il est rapidement rattrapé par l’horreur de son crime. C’est alors le début, pour le jeune homme, d’une terrible et lente descente en enfer.

Il lui semblait, à cet instant, avoir tranché lui-même, aussi sûrement qu’avec des ciseaux, le lien qui le retenait à l’humanité, à la vie en général.

Crime et châtiment de Dostoïevski est un roman puissant dans lequel l’auteur a distillé durant plusieurs centaines de pages d’intenses réflexions sur la fine limite qui sépare le bien du mal, mais aussi sur la misère, l’horreur, la violence de la pauvreté, l’amour et les relations. Pendant tout ce voyage qui nous est offert par l’auteur, nous suivons Raskolnikov qui cède à la rage qui le consume et commet un crime. Pas de retour en arrière possible pour lui. Il s’en suit alors une longue errance faites de doutes et un véritable combat psychologique contre lui-même, mais également contre les autres. Entre démence et éclairs de lucidité, l’étudiant est confronté à la réalité qu’il s’est créée lui-même et qu’il ne peut supporter.

Crime et châtiment, un support de réflexion philosophique

Les questions philosophiques que posent l’œuvre sont aussi stimulantes que passionnantes. Si Crime et châtiment n’est pas un roman d’action, c’est un roman fascinant que je n’ai pas réussi à poser avant la fin. Avec ce livre, Dostoïevski m’a tenu éveillée la nuit, prise dans les rouages de son d’atmosphère oppressante et de la tension du récit. Les conflits de la conscience et de la culpabilité rencontrent l’illusion de grandeur que ressent son personnage principal. Raskolnikov, tiraillé entre ses croyances qu’il juge supérieures et l’horreur de ses actions, bascule petit à petit dans la démence.

Comment peux-tu exiger de moi un héroïsme dont tu n’es toi-même pas capable peut-être ?

Crime et châtiment est un roman à l’atmosphère sombre. Les décors miséreux et la pauvreté décrite renforcent la pesanteur que l’on ressent à la lecture. Les descriptions sont méticuleuses et permettent de facilement se représenter toutes les scènes. Dans toutes ces horreurs, ces questionnements incessants sur la fine limite entre le bien et le mal, ce qu’un Homme a le droit de faire ou non et pour quelle raison, c’est une beauté bien particulière qui se dégage de l’œuvre.

Une œuvre empreinte de réalisme

Ce qui m’a tout de suite plu dans ce roman, c’est le développement imprévisible des événements. Chaque scène semble presque irréelle, comme si le lecteur était lui aussi, victime de la démence du personnage principal. Le décor que plante Crime et châtiment est psychologiquement très fort. Cela accentue le réalisme de l’histoire.

De cette misère, de cette colère, de ces horreurs, de ces personnages passionnés et passionnants décrits par Dostoïevski, il ressort quelque chose de beau, quelque chose de grand. On se retrouve face à un monument de la littérature russe qui a conservé toute sa richesse et il devient rapidement impossible de le nier.

À travers toutes les thématiques et les réflexions philosophiques qu’il aborde, Crime et châtiment est un texte qui fait toujours écho aujourd’hui. Bien qu’il soit moderne, le roman, écrit au XIXe siècle, reste un reflet de son époque sur certains aspects. Les personnages féminins sont peu développés et stéréotypés, là où les personnages masculins sont travaillés sous toutes les coutures. Malgré tout, le livre reste aussi brillant par ses réflexions que beau par son écriture.

Article lié : Les Nuits blanches de Dostoïevski 

En bref, un roman à lire

En bref, Crime et châtiment de Dostoïevski est un roman troublant et marquant, dont je me souviendrai encore longtemps. J’ai adoré le personnage principal, Raskolnikov, dont le crime oriente l’entièreté du récit et amorce des dizaines de questions philosophiques sur la moralité de l’Homme. Si vous avez peur de vous lancer dans un classique aussi long, je vous conseillerai de commencer votre découverte de l’œuvre de Dostoïevski avec un livre plus court, comme Les nuits Blanches par exemple. Cependant, pour celles et ceux qu’un long roman n’intimide pas, je vous recommande sans hésitation de vous plonger dans Crime et châtiment : il s’agit là d’un roman à avoir lu une fois dans sa vie.

Pour résumerNotation 5 étoiles du blog littéraire Parlons fiction

Couverture du roman Crime et châtiment de DostoïevskiAvez-vous déjà lu Crime et châtiment de Dostoïevski ? Est-ce un classique qui vous intéresse ?

Si le livre vous intéresse, vous pouvez le retrouver ici.


Auteur : Fédor Dostoïevski (russe) Genre : Classique  – Date de publication originale : 1866 – Editions : Folio – Nombre de pages : 928

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2 Comments

  • Reply
    Annafaitsonblog
    02/04/2024 at 08:24

    J’ai déjà entendu parler de ce roman, évidemment. Mais c’est vrai que c’est un livre qui m’a toujours fait peur lol. C’est vrai que c’est un sacré pavé, et aussi un peu peur de la complexité de la lecture, vu que ce roman a environ 150 ans. Du coup, j’ai mis dans ma wishlist Les nuits blanches, qui pourra me donner un petit aperçu de l’auteur et pourquoi pas en lire d’autres par la suite 🙂

    • Reply
      Parlons fiction
      03/04/2024 at 20:40

      Oui, il s’agit d’un vrai pavé et il peut paraître intimidant. Pour découvrir l’auteur, je te conseille vivement Les Nuits blanches qui est court et permet d’avoir un bel aperçu du style de Dostoïevski. Si tu le lis, je compte sur toi pour me dire ce que tu en as pensé ! 😊

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