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Le Moine de Lewis : un chef d’œuvre de la littérature gothique

Avis lecture Le Moine de Lewis blog littéraire Parlons fiction

Chaque lecteur a ses préférences en matière de genre ou de mouvement littéraire. Dans mon cas, il s’agit de la littérature gothique. Je suis fascinée par les romans à l’atmosphère sombre, voire illusionnelle, qui met en scène des personnages torturés par leurs propres pensées. Petit à petit, je complète mes connaissances sur ce sujet au fil des années en découvrant les romans pionniers du genre. Cette fois-ci, je me suis attaquée au roman Le Moine de Lewis paru en 1796. Si j’ai pu avoir peur de m’ennuyer au début de l’histoire, ces doutes ont vite été balayés grâce à l’intrigue. Avec Le Moine, Lewis propose un texte gothique et torturé, critique vis-à-vis de la religion et de ses dogmes et surtout, toujours aussi fascinant plus de 200 ans plus tard.

Avant-propos : Le Moine de Lewis est un roman qui contient des scènes de violences physiques et psychologiques.


Résumé

Chef-d’œuvre du roman gothique anglais, Le Moine (1796) met en scène la déchéance d’un capucin suprêmement vertueux, pris dans les rets d’une tentatrice diabolique. Péchés de la chair, magie noire, visions infernales, transgression, damnation : rédigé par un jeune homme de vingt ans à peine, ce récit sulfureux, où le fantastique se mêle à l’horreur et où le désir règne en maître, créa le scandale avant d’être érigé en objet de culte par des générations d’écrivains. On ne compte plus les romantiques qui, comme Hoffmann, Coleridge et Victor Hugo, s’en inspirèrent ; Charles Dickens alla jusqu’à acheter le manuscrit aux enchères ; André Breton en fit un modèle pour le surréalisme ; et Antonin Artaud, qui en proposa une réécriture libre, salua l’envoûtante «sorcellerie verbale» de Lewis : «Je continuerai à tenir pour une œuvre essentielle Le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres.

 


Le Moine, l’histoire d’une déchéance morale

Le Moine raconte l’histoire d’Ambrosio, un moine en apparence vertueux, dont tout le Madrid du XVIIe siècle prend exemple. Sous ses apparences de capucin irréprochable, on découvre rapidement qu’Ambrosio n’est pas maître dans l’art de ne pas céder aux tentations, mais plutôt dans l’art de les éviter. Alors, le jour où il y est vraiment confronté, ses pulsions primaires prennent le dessus et le résultat dépasse tout entendement…

Qui peut me protéger contre ma conscience, contre moi-même ?

Avec son roman Le Moine, écrit en moins de 10 semaines à l’âge de 19 ans, Lewis signe un roman gothique et fantastique qui mêle à la fois l’horreur et le désir, la lâcheté et la vertu, l’amour et le courage. Un chef d’œuvre de la littérature gothique dont ce titre élogieux, après lecture, prend tout son sens.

Lewis signe un roman noir de vices

Dans ce roman noir de vices, l’auteur tisse une histoire qui fait froid dans le dos. Ambrosio, à l’apparence irréprochable, nourrit des pulsions obscènes et violentes qui ne feront que ressurgir après sa rencontre avec un émissaire du diable. Certaines scènes, même lues en 2024, ont réussi à me donner la nausée. Voici un exemple magistral de la littérature gothique : magie noire, fantômes, démons et damnation sont les maîtres mots qui guident l’intrigue de Lewis.

Ce que nous perdons nous semble toujours le plus précieux.

Si les romans classiques peuvent parfois intimider, j’ai lu Le Moine sans difficulté. Une fois plongé dans l’intrigue, il n’est pas difficile de suivre le déroulé des événements. L’histoire est fascinante par ses dérives et la montée du drame va crescendo, alourdissant une atmosphère déjà étouffante lors des premiers chapitres. Pour un roman datant XVIIIe siècle, Le Moine ose exposer la noirceur de l’âme humaine sans cacher aucun vice. De ce fait, c’est un texte toujours aussi prenant 200 ans après sa publication. Il s’agit d’un exemple parfait qui prouve qu’un roman classique peut toujours être aussi frappant des centaines d’années plus tard.

Une critique poussée de l’hypocrisie de l’Église

Je pense que l’on comprend facilement à mes mots que je ressors impressionnée et stupéfaite de cette lecture qui m’a transportée. La critique de la religion, de son hypocrisie et de ses dogmes est criante, mais l’auteur profite également de son livre pour pousser la réflexion plus loin autour de la vertu, du repentir et des règles qui érigent nos vies. A mes yeux, il est évident qu’il s’agit là d’un texte pionnier de la littérature gothique, frappant par son horreur et fascinant par son drame toujours croissant.

Vous êtes jeune, et vous débutez dans la vie, dit-il. Votre cœur, neuf au monde, et plein de chaleur et de sensibilité, reçoit avidement ses premières impressions. Sans artifice vous-mêmes, vous ne soupçonnez pas les autres d’imposture et, voyant le monde à travers le prisme de votre innocence et de votre sincérité, vous vous imaginez que tout ce qui vous entoure mérite votre confiance et votre estime. Quel malheur que de si riantes visions doivent bientôt se dissiper ! Quel malheur qu’il vous faille bientôt découvrir la bassesse du genre humain, et vous garder de vos semblables comme d’autant d’ennemis !

En bref, un chef d’œuvre de la littérature gothique

En bref, Le Moine de Lewis est une lecture que je ne regrette pas. Ce n’est pas une histoire facile à lire, mais celle-ci est si puissante, qu’elle reste en tête encore plusieurs jours après sa lecture. Je suis stupéfaite de savoir que ce texte a été rédigé au XVIIIe siècle, quand on connaît les thèmes qu’il aborde, surnaturels ou non, et son aspect transgressif. Le Moine mérite en tout point son statut de chef d’œuvre de la littérature gothique. Je comprends à présent pourquoi j’en avais autant entendu parler. Si vous souhaitez découvrir un roman pionnier de la littérature gothique, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Pour résumerNotation 4 étoiles du blog littéraire Parlons fiction

Connaissez-vous Le Moine de Lewis ? Avez-vous envie de le découvrir ?

Si le livre vous intéresse, vous pouvez le retrouver ici.


Auteur : Lewis (anglais) Genre : Classique, Fantastique  – Date de publication originale : 1796 – Editions : Flammarion – Nombre de pages : 454

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2 Comments

  • Reply
    Light And Smell
    01/07/2024 at 13:50

    Je ne l’ai jamais lu mais adorant la littérature gothique, il me fait très envie.

  • Reply
    cora85
    02/07/2024 at 16:47

    Bravo pour cette belle critique.
    J’aimerais le lire, et je conseille l’adaptation avec Vincent Cassel.

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