Je n’avais jamais entendu parler de ce roman auparavant, puis un jour, je suis tombée sur la chronique de François de Bazaar of Readings (sa chronique juste ici) qui en parlait si bien que je l’ai commencé quelques jours après. En quelques mots, Population : 48 d’Adam Sternbergh est un thriller très original sur fond de science-fiction qui s’amuse avec les codes du genre pour mieux surprendre le lecteur. Une très bonne surprise !


Résumé de la quatrième de couverture : Tout le monde est coupable. Personne ne sait de quoi. Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ. En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…


Population : 48, de l’originalité servie sur un plateau

Les deux premières phrases de la quatrième de couverture sont celles qui m’ont tout de suite accrochée : « Tout le monde est coupable. Personne ne sait pourquoi. ». Dans ce livre, on se retrouve au sein d’une toute petite ville où tout le monde a perdu la mémoire. Pourquoi ? Car cette ville, Caesura (ou Blind Town, pour les intimes) n’abriterait que des grands criminels qui ont accepté d’effacer leur passé et leur mémoire pour commencer une nouvelle vie. À Caesura, les habitants ont décidé de couper court à tout ce qui pourrait avoir un lien avec à leur ancienne vie, y compris leur identité : ils n’ont plus de contact avec l’extérieur et ne sortent jamais des limites de leur ville. Pourtant, un jour, un habitant se suicide, avec une arme qui n’aurait jamais dû se trouver ici. Alors pourquoi ce suicide ? Comment l’arme est-elle arrivée jusqu’ici ? Pourquoi toute une succession d’événements tous plus étranges les uns que les autres s’abat sur la ville ? Qui sont réellement les habitants ? Autant de questions auxquelles le roman s’amuse à répondre, en déplaçant sans arrêt le mystère çà et là.

Au début de ma lecture, j’étais assez sceptique, mais très vite l’histoire se met en place et on se prend au jeu. Je dois avouer que le scénario est vraiment original, ce qui change des thrillers que j’ai l’habitude de lire. Le livre s’amuse à déplacer les mystères d’un endroit à un autre en créant sans cesse de nouvelles questions dans la tête du lecteur. Il ne va pas dans le sens que j’avais pu prévoir, tout simplement car ce n’est pas un thriller qui s’inscrit dans une ligne « classique ». Et c’est ce que j’ai réellement le plus aimé : être surprise. Son point fort est que l’on s’interroge sur ce qui est vrai et sur ce qui ne l’est pas, sur qui ment ou qui ne ment pas, sur qui est coupable ou qui ne l’est pas. Finalement, on s’interroge sur tout, et c’est bien ce qui m’a permis d’accrocher tout au long du livre pour vouloir en connaître la fin.

Si je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages, cela ne m’a pas empêché d’apprécier suivre l’intrigue. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de Caesura, cette ville du Texas à l’air lourd et pesant, aux secrets bien gardés qui pèsent eux aussi leur poids sur les épaules des habitants, des fantômes du passé toujours là pour les hanter. Le huis-clos donne son ambiance particulière au roman. On ressent la pesanteur de Blind Town et la suspicion des habitants les uns envers les autres.

 

Nous oublions tous. Puis nous oublions que nous avons oublié. C’est comme ça qu’on survit. 

 

Un thriller sur fond de science-fiction : un pari réussi

L’intrigue s’éloigne des trames assez classiques du genre thriller et cela permet de mieux sortir de sa zone de confort en tant que lecteur, de se réveiller et de se poser des questions sur l’histoire, les personnages : en somme, devenir un lecteur un peu plus actif que passif. Le roman développe son intrigue sur un fond de science-fiction que j’ai beaucoup aimé : cela s’éloigne de ce que je connaissais déjà, et la nouveauté apporte toujours son lot de surprises. L’aspect science-fiction n’est pas particulièrement mis en avant. Il s’agit avant tout d’opérations assez avancées qui sont effectuées sur la mémoire des habitants de Caesura. Il s’agit plutôt d’une thématique présentée en arrière-plan, et c’est bien là où réside la subtilité du roman. On en oublierait presque que cet aspect du livre existe.

L’histoire est intriguante, pleine de rebondissements et a facilement réussi à me tenir jusqu’à la fin par le suspens.

 

En bref, une découverte originale

Finalement, ce roman est assez particulier pour que je ne sache pas réellement dans quelle catégorie le classer. Cela ne m’a pourtant pas empêché de passer un bon moment de lecture avec l’envie de connaître la fin. L’histoire est prenante, l’aspect thriller est bien là, mais s’émancipe du genre à travers les différentes directions qu’il prend. Si vous souhaitez passer un bon moment en compagnie d’un thriller original qui n’a pas peur de sortir des codes, n’hésitez pas !

Pour résumer

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Couverture du roman Population : 48 de Adam Sternbergh


Auteur : Adam Sternbergh (américain) – Genre : Thriller – Date de publication : 2018 – Editions : 10 X 18 – Nombre de pages : 408

 

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