Toujours partante pour découvrir de nouveaux romans qui s’inspirent de la littérature gothique, j’ai récemment découvert Le murmure de Kermammenn de Virginie Lefort. L’autrice signe ici un premier roman emprunt d’une vraie sensibilité, entre gothique breton, drame intime et légères touches de fantastique. Loin du frisson horrifique, ce récit joue davantage sur la curiosité, la mélancolie et l’étrange beauté des lieux qu’il met en scène.
Résumé
James vit en 1693. Maxine vit en 1993.
Deux vies, deux époques, deux mondes, mais un seul et même lieu : le manoir de Kermammenn.
En cette demeure ancestrale qui fut le témoin d’évènements tragiques, deux êtres que 300 ans séparent vont être unis au-delà de l’espace et du temps par des liens inattendus. Loin d’imaginer la puissance de la volonté qui les pousse l’un vers l’autre, James et Maxine n’auront pas d’autre choix que d’entrer dans la brèche qui s’ouvre à eux et suivre le murmure de Kermammenn.
Du gothique au coeur de la Bretagne
Deux personnages, deux époques, mais un même lieu : le manoir de Kermammenn. Maxine découvre ce lieu à l’occasion de ses vacances d’été en famille en 1993, une demeure dans laquelle vivait James, trois cents ans auparavant en 1693. Très vite, la maison semble s’animer, murmurer, leur parler. Mais qu’essaye-t-elle de dire à ces deux êtres que le temps sépare ?
Dès les premières pages, le manoir de Kermammenn séduit par son décor : une grande maison bretonne battue par les vents dans laquelle les murs semblent essayer de communiquer. L’atmosphère s’inspire du gothique, non pas par l’horreur ou le macabre, mais par cette grande demeure qui donne toute son essence à l’intrigue.
Ce roman se situe à la frontière entre science-fiction et fantastique. Les phénomènes inexpliqués y côtoient des questionnements très humains, ce qui n’a pas été sans me rappeler par moments La maison sur le rivage de Daphné du Maurier.
Une intrigue fluide, mais un peu trop linéaire
La lecture de Le murmure de Kermammem est fluide et agréable. Les chapitres s’enchaînent rapidement, portés par une plume claire et accessible. J’ai lu ce roman presque d’une traite, curieuse de comprendre les mystères liés à ce manoir breton. Cependant, j’ai trouvé que certains éléments de l’intrigue s’enchaînaient un peu trop facilement. Tout semble couler sans véritable obstacle. Cette fluidité, si elle rend la lecture plaisante, m’a empêché de ressentir des émotions en lien avec l’intrigue, de la tension ou de l’appréhension par exemple.
Des personnages un peu distants, mais une fin réussie
Si j’ai apprécié suivre les protagonistes, je dois avouer être restée un peu en retrait par rapport à eux. J’ai eu cette impression d’observer l’histoire de l’extérieur, sans vraiment la vivre à leurs côtés. Ce n’est pas gênant en soi, mais cela crée une forme de distance émotionnelle qui m’a empêché de vivre pleinement cette lecture.
La narration, alternant entre la première et la troisième personne, y contribue peut-être : les chapitres consacrés à Max et Anna alternent entre une narration à la première personne et une narration à la troisième personne, ce que j’ai eu du mal à comprendre. La fin, ouverte, est un choix que j’ai apprécié car j’adore avoir la possibilité d’imaginer tous les dénouements possibles.
En bref, un murmure poétique au cœur d’une maison bretonne
En bref, Le murmure de Kermammenn de Virginie Lefort est un roman poétique et doux, à la croisée du gothique et du fantastique. Si j’aurais aimé un peu plus de tension dans l’intrigue et des personnages peut-être plus nuancés, j’ai été charmée par la fluidité de l’écriture et par cette maison bretonne qui m’a presque donné envie d’aller voir la mer. C’est un premier roman prometteur, qui donne envie de découvrir ce que l’autrice écrira ensuite. Si vous aimez les récits doux et fluides, le mystère sans l’horreur, vous pourriez apprécier cette lecture.

Et vous, avez-vous envie de visiter Kermammenn ?
Autrice : Virginie Lefort – Genre : Fantastique – Date de publication : 2025 – Editions : Les Impliqués – Nombre de pages : 210
Livre reçu dans le cadre d’un service de presse

No Comments