Dès sa sortie en librairie, Le livre de M de Peng Shepherd me faisait envie. Son résumé promettait une histoire originale, un voyage qui sortait de l’ordinaire. En ouvrant le roman, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je ne savais pas à quels personnages ou à quel type d’histoire j’allais être confrontée. Maintenant que je l’ai refermé, je ne peux que confirmer mon impression première : ce livre est un petit bijou d’originalité. Au-delà de ça, il s’agit d’une véritable tragédie humaine.


Résumé de la quatrième de couverture : Que seriez-vous prêt à sacrifier pour vous souvenir ? Un jour, en Inde, un homme perd son ombre – un phénomène que la science échoue à expliquer. Il est le premier, mais bientôt on observe des milliers, des millions de cas similaires. Non contentes de perdre leur ombre, les victimes perdent peu à peu leurs souvenirs et peuvent devenir dangereuses. En se cachant dans un hôtel abandonné au fond des bois, Max et son mari Ory ont échappé à la fin du monde tel qu’ils l’ont connu. Leur nouvelle vie semble presque normale, jusqu’au jour où l’ombre de Max disparaît… Situé dans une Amérique tombée de son piédestal, où nul n’échappe au danger, Le Livre de M raconte l’incroyable destin de gens ordinaires victimes d’une catastrophe mondiale extraordinaire.


Un concept très original

Le livre de M est un roman post-apocalyptique. Je sais, rien qu’en lisant ce mot, on peut déjà lever les yeux au ciel et se dire que le post-apocalyptique c’est du déjà vu, qu’il n’y a plus rien à inventer dans ce genre qui finalement, ne fait que se répéter. Pourtant, c’est bien ici que Peng Shepherd frappe fort : pour son premier roman, elle s’aventure sur le terrain du post-apo déjà très exploré par d’autres auteurs, et en ressort avec un concept plein d’originalité. Une grande surprise pour moi qui n’a d’ailleurs fait que s’accroître au fur et à mesure des pages qui tournaient.

Dans cette histoire, la fin du monde est arrivée. Mais ce n’est pas un virus, une bombe nucléaire, un astéroïde ou des morts-vivants qui déciment la population. Ici, l’apocalypse est tout autre. D’un bout à l’autre du monde, des milliers d’hommes et de femmes commencent à perdre leur ombre. Cette chose si familière, qu’elle en devient invisible à nos yeux, a pourtant une importance colossale : notre ombre contient nos souvenirs. Petit à petit, l’Oubli prend place. Les sans-ombre commencent par oublier leur famille, leurs amis, leur nom, pour finir par ne plus savoir qui ils sont, d’où ils viennent, voire comment manger ou respirer.

Pourquoi avait-il fallu que les ombres soient ce lieu du corps où gisent les souvenirs ? 

J’ai été fascinée par l’histoire du Livre de M et par l’Oubli. Le concept de l’autrice est très bien travaillé et s’il faut quelques dizaines de pages pour réussir à entrer dans l’histoire, il est très difficile de lâcher le roman une fois les premiers chapitres passés. Je pense qu’il est important de préciser que dans ce roman, nous n’avons pas toutes les explications liées à l’arrivée de l’épidémie de l’Oubli, à la perte des ombres et à tout ce qui y est lié. Cela pourrait paraître sans doute frustrant pour certains, pourtant, ce point ne m’a pas dérangé. Cette histoire post-apocalyptique s’intéresse davantage à l’humain, à sa survie et à ses émotions.

L’humain au cœur du récit

 Le livre de M débute par l’histoire d’Ory et de sa femme, Max, qui tentent de survivre dans un monde ravagé par les sans-ombre. L’histoire est d’ailleurs contée sous le point de vue de différents personnages. Si au départ, cela peut dérouter, chacune des intrigues est intrinsèquement liée aux autres et j’ai beaucoup aimé arriver à la fin du roman en comprenant de mieux en mieux la construction réfléchie dès le départ. Ces différents points de vue permettent d’instaurer un certain rythme dans la narration, de changer de pays ou de continent et parfois même, de temporalité. De quoi donner une tout autre dimension à un récit post-apocalyptique qui aurait pu se résumer à suivre un unique survivant.

Ceux qui n’avaient plus d’ombre semblaient ne pas être vraiment là. 

Chose assez rare pour moi, j’ai aimé tous les personnages créés par Peng Shepherd. Elle nous offre une belle diversité de personnages qui sont attachants, touchants, et n’ont rien de super-héros. On se reconnait dans leurs questionnements, leurs émotions, leurs peurs et leurs espoirs. Finalement, à travers un récit fantastique, l’autrice réussi parfaitement à placer l’humain au centre de son intrigue.

Au-delà de l’intrigue et des personnages, Le livre de M propose une atmosphère particulière qui cherche à jouer sur notre imagination, très sollicitée tout au long du roman. Quelques questionnements très intéressants sont amenés ici et là, sur notre rapport à la réalité et la mémoire humaine. Le twist final m’a d’ailleurs surpris, dans le bon sens du terme. Je ne m’y attendais pas du tout et j’ai été ravie d’être scotchée par cette révélation.

La mémoire est une étrange chose. 

En bref, une histoire fantastique très originale

En bref, j’ai adoré Le livre de M de Peng Shepherd. Au-delà des très belles qualités narratives du roman, les personnages sont attachants, leurs réflexions intéressantes et l’univers, plus qu’original. Une fois les premières pages passées, j’étais plongée dans l’histoire et je n’avais qu’une envie : en lire plus pour voir où l’autrice allait me mener. Si Le livre de M est en effet un récit fantastique post-apocalyptique, Peng Shepherd arrive parfaitement à démontrer que rien ne limite les contours de ce genre. Il s’agit d’une histoire post-apocalyptique certes, d’une histoire fantastique oui, mais plus que ça, Le livre de M est une histoire terriblement humaine.

Pour résumer

Avez-vous déjà lu Le livre de M de Peng Shepherd ?


Autrice : Peng Shepherd (américaine) Genre : Fantastique, post-apocalyptique, science-fiction – Date de publication : 2020 – Editions : Albin Michel Imaginaire – Nombre de pages : 592

Partager

4 thoughts on “Chronique – Le livre de M de Peng Shepherd : un condensé d’originalité”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *